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Afro, Monnaie Unique Africaine ?

Posté par: Youssou GNINGUE| Lundi 14 mai, 2012 07:32  | Consulté 6858 fois  |  13 Réactions  |   

Intégration monétaire africaine

Résumé tiré du livre intitulé:

Approche Stratégique vers les États-Unis d’Afrique

                Pr  GNINGUE Youssou  (A paraître,  Édition Harmattan)                    

1.     Système monétaire africain

Le système monétaire africain est constitué d’une diversité de monnaies avec des zones d’interventions très limitées. Certaines sont d’origine coloniale tandis que d’autres résultent d’un élan de sursaut national animé par une quête de souveraineté. Ces monnaies, souvent inconvertibles, sont malheureusement confinées dans des territoires économiques très réduits. A titre d'illustration, présentons d’abord les systèmes monétaires de chacune des cinq régions africaines.

Afrique du Nord.      En Afrique Nord, chaque pays a une monnaie convertible avec un taux fixe par rapport à l’Euro. Même si certains pays partagent des noms similaires comme le Dinar, ces monnaies sédentaires ne sont pas convertibles en dehors de leurs espaces de couvertures. Les Dinars algériens, Libyen et Tunisie, non équivalents, sont confinés indépendamment dans leurs territoires respectifs. En conséquence, les coûts de transaction augmentent  pendant que se réduise la fluidité des échanges commerciaux entre ces voisins du Nord.

Afrique l’Ouest.  Le franc CFA couvre l’espace économique des pays de l’UEMOA constituée initialement en 1994 par d’anciennes colonies de la France. Bien qu’étant une ancienne colonie portugaise, la Guinée Bissau s’est adjointe en 1997 au groupe par convenance. Le franc CFA, initialement rattaché au franc français, est actuellement arrimé à l’Euro par le biais d’un taux de change fixe. Les sept restants de la CEDEAO utilisent différentes monnaies.

Afrique centrale. L’organisation de la CEMAC (Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale) constituée de six États utilise le franc CFA. Situé dans cette région, l’Angola se contente  d’une monnaie appelée Kwanza, éponyme d’une rivière.

Afrique de l’Est.   Même si certains pays (Kenya, Ouganda, Tanzanie et Somalie) partagent des noms similaires comme le Shillings, les monnaies de l’Afrique de l’Est sont seulement convertibles dans leur espace national. Les autres pays Djibouti (franc) Ethiopie (bir), Erythrée (nafka), Sao Tome et Principe (dobra), Madagascar (amary), Comores et Seychelles (roupies) utilisent leur propre monnaie.

Afrique australe. La zone monétaire rand, déployée dans une portion de l’Afrique australe, desservit les limitrophes de l’Afrique du Sud avec une monnaie (ZAR) convertible  en Euro. A côté de cette zone monétaire, certaines nations animées de velléité de quête de souveraineté nationale arborent différentes monnaies.

2.     La monnaie Africaine

La création d’une monnaie unique  ouvrirait à l’Afrique une possibilité de politique économique et monétaire avec un meilleur contrôle. Elle augmenterait les échanges internationaux et faciliterait l’intégration monétaire avec une incidence appréciable au niveau des performances économiques des pays membres tout en  induisant un effet accélérateur au niveau des échanges interafricains.

Fonds africain de réserves extérieures. En 1973, Abdoulaye Wade avait proposé un fonds pour la création d’une monnaie. Baptisé Fonds africains de réserves extérieures (FARE), ces avoirs étaient alimentés par les ressources ci-dessous.

A.   Portion des recettes d’exportation des pays membres

B.   Aide des pays nantis

C.   Apport des institutions monétaires et financières internationales

D.   Création de moyens de paiements spécifiques à l’image des DTS.

D’après Wade, cette proposition avait été rejetée d’un simple revers de main. À mon avis, le rejet était principalement motivé par la maturité des États fortement dépendants de leurs anciens maîtres. De plus, l’objectif du fonds était plus axé sur le long que sur le court. Le raisonnement des dirigeants était très simple et à la limite terre à terre. Pourquoi s’occuper d’une intervention à venir dans vingt ans alors que nos présentes dettes posent la question de notre survie ?  

Avec la fédération, le FARE pourrait être remodelé afin de lui procurer un horizon d’intervention dans le court terme. En effet, les efforts et coûts de gestions déployés pour soutenir toute cette diversité de monnaies dépassent de loin le nécessaire pour la création d’une monnaie unique. Il est donc possible d’évaluer pour chacune des régions cette dépense financière globale afin d’évaluer la contribution des pays impliqués. Ceci pourrait être versé ou considéré dans le FARE comme cinquième rubrique E. D’autre part avec la fédération, l’économie, plus performante, reposerait sur un bassin de population plus importante induisant un effet d’accroissement des recettes d’exportation et d’importation.

«Les monnaies nationales africaines, fragmentées dans des espaces monétaires parcellaires, deviennent des contraintes à la libre circulation des biens, des services, des hommes et du capital. Une période de transition est nécessaire pour réussir une harmonisation et une convergence des pratiques et des signes monétaires. Cela aura pour avantage d’améliorer la compétitivité des entreprises africaines, de soutenir une meilleure gouvernance des affaires publiques et d’augmenter le commerce inter-régional.» (Dr. Yves Ekoué Amaizo)

La fédération susciterait un plus grand flux d’échanges économiques intra-africains avec une réduction de la sollicitation de devises étrangères. Le rapatriement des réserves extérieures placées dans les banques centrales européennes permettant la convertibilité de certaines monnaies comme le francs CFA serait un important flux financier à prendre en considération. La fédération fournirait une plus grande crédibilité à l’économie et à la monnaie induite. Comment expliquer que des pays voisins avec des monnaies inconvertibles, achetant des devises étrangères pour assurer leurs échanges ?

        

La monnaie unique.   La fédération devraient être soutenues et accompagnées par une monnaie ainsi que de solides institutions financières afin d’assurer un développement harmonieux de son économie. Pour cette raison, le système monétaire africain devrait jouer un rôle primordial et évoluer vers une monnaie unique. Une monnaie régionale devrait être établie au sein de chacune des cinq régions correspondant à la monnaie fédérale ou convergeant vers elle sur la base d’un régime de taux de change fixe.

En Afrique de l’ouest, la proposition consisterait à la mise en place d’une zone monétaire parallèle à celle de l’UEMOA en l’occurrence la zone monétaire de l’ouest africain (ZMOA) dont la monnaie serait l’ECO. Ces deux zones monétaires de l’UEMOA et de ZMOA devraient converger vers une zone commune partageant une monnaie unique.

En Afrique du Nord, l’absence de zone monétaire et la présence de monnaies locales parcellaires appellent à la création d’une nouvelle monnaie régionale. Elle devrait se calquer dans la perspective de la monnaie unique fédérale et basée sur l’organisation de l’Union du Maghreb arabe (UMA).

En Afrique centrale la création s’effectuerait en adoptant la démarche ouest africaine. Avec la CEMAC (communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale), il suffirait de créer une zone monétaire avec les pays restants de la région et  ensuite, assurer la convergence vers une zone commune.

En Afrique de l’Est, la monnaie reposerait sur la nouvelle structure de l’union économique et monétaire de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Est (EAC).

En Afrique australe, la monnaie reposerait sur la nouvelle tentative de mise en place de l’union économique et monétaire de la communauté économique des États de l’Afrique australe (SADC) dont l’installation est prévue en 2016.

Ainsi, chaque région évoluerait vers une zone voire une union monétaire afin d’y faciliter la création d’une monnaie régionale confectionnée à l’image de la fédérale. Ces monnaies bénéficiant initialement d’un régime de change fixe convergeraient vers une monnaie commune. Le poids de chaque monnaie régionale serait déterminé en fonction de la vitalité économique de sa zone de couverture. Pour conserver sa souveraineté monétaire et sa maîtrise sur ses propres politiques monétaires, l’État fédéral devrait adopter un système de change flottant vis-à-vis des monnaies internationales d’échange. Ceci assurerait la préservation des termes de l’échange et une stabilité dans les échanges internationaux. D’ailleurs, lors de la réunion de Dakar, l’Association des Banques Centrales Africaines s’est donné la mission de création d’une Banque Centrale et d’une monnaie unique en 2021. La monnaie unique est déjà virtuellement existante sous le nom Afro dont les plaquettes, illustrant ce texte, ont été présentées par l’artiste  sénégalais Mansour Ciss Kanakassy.

 

       
 L'auteur  Youssou GNINGUE
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Commentaires: (13)
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Youssou GNINGUE En Mai, 2012 (22:30 PM) 0 FansN°:1
Notons que les plaquettes, illustrant ce texte, ont été présentées par l’artiste sénégalais Mansour Ciss Kanakassy a une exposition a RAW MATERIEL durant le mois de novembre et decembre 2011.

Les plaquettes ont egalement exposees durant la Foire 2011. L'echange de cette monnaie virtuelle AFRO etait possible durant cette foire.
Mouye En Mai, 2012 (23:42 PM) 0 FansN°:2
les economistes africains doivent travailler serieusement a la conception d une monnaie unique africaine tout en sachant que l europe fera tout pour capoter ce projet.
mais unis et avec de la volonte,on peut y pavenir
Anonyme En Mai, 2012 (23:43 PM) 0 FansN°:3
Allons droit au but

Afrique de l'Ouest un Etat Fédéral avec un Président,
des états Fédérés avec un Gouverneur à la tête de chaque état, une banque centrale et une monnaie unique LE CAURI.
Tik  En Mai, 2012 (23:51 PM) 0 FansN°:4
A quoi pensent nos dirigeants africains au quotidien ?
C'est certainement faisable cette monnaie commune "AFRO". Il faut juste une volonté, un engouement, une intransigeance de nos présidents et technocrates.

Mais bon, ils ne croient pas en eux, dommage !!
@tik En Mai, 2012 (00:39 AM)0 FansN°: 110652
Nos dirigeants chaque jours pensent à leur comptes suisses, ou leur maitres occidentaux'oligarchie internationale. Et pourtant ils savent pertinement que le salut de notre continent passe par l'intégration, avec un peuple une monnaie une armée une devise pour que l'Afrique puisse enfin se retrouver. C'est triste dé mais nos dirigeants manque de couilles. car ils savent que l'intégration est contre leurs interets eux et leur amis blancs
Guyzguy En Mai, 2012 (00:33 AM) 0 FansN°:5
Article bi nekhna ma. L'integration ou la mort. Mais gspr que senghor ne fera pas parti de l'illustration des futurs billets de banque car ct un bounty vendu au français.
Buur Basen En Mai, 2012 (16:37 PM) 0 FansN°:6
L idee d une monnaie est louable .Nous devons la promouvoir a tous les niveaux de decisions afin que les partis s en approprient.Quelqu un l a dit plus haut n associez pas senghor a toute tentative d independance de l Afrique.Senghor n a jure que pour la France -sa negritude n est qu un jogging "intellectuel" pour juste amuser la galerie.Ceux qui ont cru en l Afrique ne se st jamais caches.Le dernier grand Panafricaniste a ete quoique l on dise Muamar Khadafi liquide par la benediction d un autre senegalais wade.Senghor lui a pris le soin de trahir Seckou Toure au profit de la France qui a son tour l a trahie.
Youssou Gningue En Mai, 2012 (17:36 PM) 0 FansN°:7
Nous devons en tant que société civile forcer les politiques a aller dans la réalisation des Etats Unis d'Afrique.

La date butoir correspond a l'annee 2017. Nous devrons veiller a ce qu'elle soit respectée

Dans ce sens, nous avons un projet dont l'objectif est de quantifier l'avantage d'adhésion a la fédération et ceci pour chaque pays
Anonyme En Mai, 2012 (08:44 AM) 0 FansN°:8
Bon courage dans votre effort.

Ceci dit il faudrait garder l'afro comme monnaie des banques centrales Africaines et garder l'option de monnaie unique par Zone, à savoir : Afrique du Nord, Afrique de l'Est, Afrique du Sud, Afrique Centrale et Afrique de l'Ouest.

Une union monétaire doit impérativement être liée à une union fiscale, politique, militaire et judiciaire. vu la taille du travail à accomplir il est beaucoup plus réaliste de faire les choses à l'échelle Ouest Africaine en ce qui nous concerne.
Youssou Gningue En Mai, 2012 (09:21 AM)0 FansN°: 113013
Merci des commentaires tres pertinents
Anonyme En Mai, 2012 (09:39 AM) 0 FansN°:9
pourquoi ce nom afro à l'image de l'euro ne somme nous pas plus imaginatif
il faut que l’Afrique soit indépendant sur tout les plans
Youssou Gningue En Mai, 2012 (13:36 PM)0 FansN°: 117707
Il faudrait poser la question a Mansour Cisse Kanakassi.

Comme les plaquettes exsitent et l'echange avait commence a etre effectif durant la Foire, alors j'ai utilise le nom Afro.

J'avais en tete Afric ( avec le fric relatant la monnaie)
Anonyme En Avril, 2015 (10:14 AM) 0 FansN°:10
je suis tout a fait d\'accord avec cette idée de monnaie unique car nous serons plus autonome économiquement savons aussi que l\'Europe va combattre cette union monétaire.car cette monnaie nous rendrai plus fort.pour constituer cet capital pour la banque centrale de l\'Afrique ;que chaque état donne ça part en fonction de sa richesse intérieure .pour éviter d\'aller encore mendier en Europe.nous demandons a nos économistes de laisser une image de personnes dignes qui on voulu êtres utile a leur continent.merci

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Youssou GNINGUE
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