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Leçon du Mali ou État Ouest-Africain

Posté par: Youssou GNINGUE| Jeudi 07 février, 2013 17:10  | Consulté 5191 fois  |  13 Réactions  |   

«Tel est le défi lancé aux leaders de l’Afrique. Nous devons saisir cette occasion exceptionnelle pour montrer que le génie de notre peuple peut nous permettre de dépasser les velléités de séparatisme en une multitude de petits États souverains, puis construire rapidement, pour la plus grande gloire de l’Afrique et le progrès de ses populations, une union des États africainsK. Nkrumah

Plus de cinquante après, les leaders africains n’ont pas encore réussi à relever ce défi. Nous savons que la mise en place des États Unis d’Afrique avec une adhésion unanime des États serait une mission difficile voire impossible. D’ailleurs, il existe des États pseudo-gradualistes qui optent pour un passage progressif par l’intégration économique. La peur de perte de pouvoir et de souveraineté continue à avoir implicitement un effet sur une telle option. Si durant les années soixante, toutes les conditions n’étaient pas remplies, aujourd’hui la création de l’Etat est une voie de survie. La crise du Mali est un exemple patent de la nécessité de création de l’Etat régional. Son existence aurait permis d’éviter la tergiversation des états de la CEDEAO jusqu’au vol du leadership par la France. D’ailleurs, avec un État régional, les islamistes n’auraient pas pu s’emparer de la moitié du Mali.

Pour signer l’acte de naissance de l’État d’Afrique de l’Ouest, les États membres devront s’accorder sur un pacte fédératif en tant qu’opérations contractuelles et fondatrices d’une nouvelle forme d’institution. Ce pacte, léguant de manière consensuelle un brin de souveraineté à l’état régional, concerne plus les aspects sécuritaires et économiques devrait procurer plus d’assurance et de souveraineté aux États membres. Ceci est d’autant plus vrai qu’il s’agit des micro-états économiquement très fragiles. Il serait dans ce cadre une aberration que d’opposer la souveraineté nationale au passage à la fédération régionale.  Dans ce sens nous nous accordons avec la pensée d’Olivier Beaud

« On aborde trop souvent le concept de Fédération en s’interrogeant sur le titulaire de la souveraineté, caractéristique par excellence de l’État. Or la souveraineté est définie, sur le plan interne, par l’unicité du pouvoir sur un territoire déterminé et, sur le plan externe, par l’absence de pouvoir supérieur. Appliquer de telles définitions à une Union d’États  aboutit à des apories inévitables ».

Toute la configuration internationale et africaine devrait être modifiée par la création de cet État de l’Afrique de l’Ouest.

La représentation diplomatique.     L’État régional réduirait considérablement les coûts associés à la diplomatie de chaque pays par l’élimination des représentations internes. En effet, les ambassades ouest africaines ne seraient plus nécessaires dans le cadre d’un même pays. Par exemple, Sur ses 21 ambassades,  le Sénégal devrait fermer les 10  ambassades ouest africaines. En tant qu’État les pays de la CEDEAO se partagerait les aires de représentation et réduire les coûts tout en améliorant la qualité de sa couverture mondiale.  La représentation au sein de l’ONU devrait être négociée pour permettre un plus important rôle à l’Afrique de l’Ouest.

Dépenses militaires dans l’Etat de CEDEAO.    La part des dépenses militaires est très élevée en Afrique avec une  moyenne est de 3 % tandis que la mondiale est de 2 %  durant l’année 2006. Les principales causes de cette course effrénée aux dépenses militaires se trouvent dans la fragilité des États et la perméabilité des frontières héritées de la colonisation. Tout ceci a détourné les priorités des pays africains du secteur socioéconomique vers les dépenses militaires. Ces chiffres cachent la situation en Afrique de l’Ouest où la moyenne  de 1.75% est très assez honorable. L’existence d’une justice commune en Afrique de l’Ouest  favoriserait le règlement des conflits par la loi plutôt que par les armes. La création de l’État régional s’accompagnant de la composition de forces militaires unifiées devrait  favoriser la réduction des dépenses militaires de chaque pays sans affecter la défense des souverainetés territoriales. Une stratégie applicable et raisonnable serait la réduction pour chaque pays de deux cinquièmes de sa part en dépenses militaires. Ainsi chaque pays devrait, dès la première année, réduire un cinquième de ses dépenses militaires tandis que l’autre serait affecté à l’Etat régional comme participation. Cette politique se traduisant globalement par une baisse de 0.7% des dépenses militaires, induirait une moyenne régionale de 1.4 %. 

 

Les impôts et tarifications douanières.     L’harmonisation des accords bilatéraux de commerce, des admissions temporaires et  des régimes d’exemption tarifaire optimiseraient les actions sécuritaires et douanières en transcendant les frontières étatiques. Très souvent, des obstacles imposés par les douanes, les politiques et certains groupes armés entravent considérablement ces échanges en induisant des coûts et des retards  inutiles et en  installant une confusion totale au niveau des règles de tarifications douanières. Cette situation complique toute tentative d’établissements de zones libres et unions douanières. Ainsi, l’uniformisation de la tarification éliminerait les obstacles au commerce interétatique et les distorsions des échanges dues aux différentes formes  de taxations indirectes. Elle réduirait également  les coûts associés aux surveillances frontalières et aux délais d’acheminement et induirait un commerce régional  mieux organisé.

Le transport terrestre et aérien.       L’État régional faciliterait l’installation d’un réseau de transport plus viable sur le plan des structures et de la régulation.  En effet, les réglementations liées aux transports sont souvent très contradictoires et doivent être uniformisées.  Le seul fait de muter  en État régional permettrait des gains substantiels par l’utilisation de stratégies optimales. Dans le cadre du transport aérien, en partageant l’information et en développant des partenariats, les compagnies africaines pourraient occuper l’espace et augmenter leurs chiffres d’affaire. Tous ces avantages directs peuvent être évalués dans le but de facilitation de l’instauration des politiques d’intégration économique. 

 

Intégration Monétaire de la CEDEAO.    La proposition consisterait à la mise en place d’une zone monétaire parallèle à celle de l’UEMOA en l’occurrence la zone monétaire de l’ouest africain (ZMOA) dont la monnaie serait l’ECO. Ces deux zones monétaires de l’UEMOA et de ZMOA devraient converger vers une zone commune partageant une monnaie unique.

Intégration Financière de la CEDEAO.   Les bourses de la région devraient fusionner pour induire une bourse régionale logée dans la place financière la plus importante qui devrait entre la bourse BRVM d’Abidjan ou celle de Lagos. Les autres bourses existantes peuvent être conservées comme des satellites de transaction. Cependant, l’idée d’unité devrait être suffisamment accentuée pour amener les autres bourses à coopérer dans le but de la  création d’une seule bourse régionale sous une forme de réseau. 

 

Intégration Économique de la CEDEAO.         L’adoption d’une monnaie unique conjuguée avec une intégration financière augmenterait les échanges internationaux de manière considérable (Rose 1999; Glick et Rose 2001; Bun et Klaassen 2002) et faciliterait l’intégration monétaire qui devrait avoir une incidence appréciable au niveau des performances économiques des pays membres (Frankel et Rose 2000). Elle devrait avoir également un effet accélérateur au niveau des échanges interafricains et pourrait aboutir à un harmonieux marché commun.

Éducation. Une orientation vers l’apprentissage des cultures et langues nationales devrait être entreprise pour faciliter une meilleure intégration sociale. Des institutions internationales de formation seraient bâties aux niveaux des frontières pour permettre un partage des ressources et une réduction des barrières. 

 

Sport et compétition internationale. Sur le plan sportif, les Etats devraient jouer un rôle plus considérable. D’ailleurs, la CAN-2013 est un signe de ces futures performances conditionnelles. En effet, sur les huit pays qualifiés, les sept sont de la région de l’Afrique de l’Ouest avec le carré final totalement ouest africain.

La création de l’État régional de l’Afrique de l’Ouest  peut ainsi accélérer la mise en place de l’État fédéral par le processus des cercles concentriques. En effet, la réussite de cet État régional ouest africain pourrait induire un effet catalyseur dans le projet de fédération par le principe de démonstration. 

 

Dès sa proclamation, l’Etat fédéral de l’Afrique occuperait la première place mondiale sur le plan de la superficie avec 30 221 532 kilomètres carrés. Ainsi, l’Afrique devancerait de loin la Russie qui occupe la première place avec environ 17 millions de  kilomètres carrés. Sur le plan démographique, l’Afrique pourrait réduire son taux de mortalité par une élimination des conflits et des guerres. Ceci conjugué avec un programme de santé au niveau continental induirait une réduction de la mortalité infantile et une espérance de vie plus honorable. Avec un taux d’accroissement naturel le plus élevé de 2,8 % en 2008, la population africaine estimée à 1 milliard devrait supplanter sous peu celle de la Chine. Le pôle d’attraction économique et financière du monde se déplacerait pour converger vers le berceau de l’humanité. 

 

Ainsi la création de l’Etat régional ouest africain, suite à la crise du Mali, pourrait nous permettre de confirmer l’assertion: à toute chose, malheur est bon.

Pr Youssou GNINGUE  (UL, Dir. Dept.  Mathématiques  & Informatique, Canada)

 L'auteur  Youssou GNINGUE
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Commentaires: (13)
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Youssou Gningue En Février, 2013 (17:16 PM) 0 FansN°:1
L’ironie du sort dans ce processus serait le passage de la fédération ouest africaine par la crise du Mali. Et tout ceci en sachant que l’éclatement de la fédération du Mali a été partiellement la source de la création de nos sous Etats.
Anonyme En Février, 2013 (23:36 PM)0 FansN°: 637174
On est pas unis sans nos pays respectif et on crux unit toute lafrique. ces dirigeants sont pres a massacre leur proper peuple s,Ils soppose a lui et Ils parlent dunification alleir. c pourkoi on attend toujours les blanc de faire le premier pas, parce ke on est pas uni. les francais ne devrai meme pas depoaer leur pieds sans autorisations apres preake 50 ans. honteux c dirigean ke nous avons rien du you
Nkruma En Février, 2013 (21:06 PM) 0 FansN°:2
Nos Chefs d'etats n'aiment pas leur peuple....
L'afrique pleur, l'afrique meure, l'afrique est en agonie...et malgre tous ses fils/filles intelectuels, fortunes et sages etc, on manque de vision, de volonte et on continue a copier, a douter de nous, a ne pas batir, a ne pas s'oublier pour les generations futures.
Ah! si ton cri pouvait etre entendu, Youssou...mais comment? un miracle peut etre! ca prendra 2 Jesus et Mahomet pour nous sortir de ce merdier....
Soit! il ne faut pas desesperer car tot ou tard les idees et plutot la volonte du vrai changement vont s'installer...

Il faut continuer a croire a notre plus grande Force: La Jeunesse Africaine et souhaiter qu'ils sauront s'inspirer de nos grands penseurs d'hier: les Nkruma, Senghor,Sankara, Mandela et autres....
Youssou Gningue En Février, 2013 (01:56 AM)0 FansN°: 635652
Vous avez parfaitement raison

La jeunesse consciente africaine va finir par lever le défi de la création de L'Etat fédéral

Espérons que ceci se fasse le plus tot possible
Anonyme En Février, 2013 (09:46 AM) 0 FansN°:3
QUAND JE PENSE A CE PONT SUR LE FLEUVE GAMBIE QUI TARDE A ÊTRE CONSTRUIT' JE SUIS PLUS QUE DÉSESPÉRÉ.

A PART CELA JE CROIS QU'ON DIT "RELEVER LE DÉFI". PEUT ÊTRE QUE ME TROMPE PROFESSEUR.
Youssou GNINGUE En Février, 2013 (10:57 AM)0 FansN°: 636415
Merci de votre commentaire

La faute relever le defi va etre corriger
HABAS En Février, 2013 (00:13 AM) 0 FansN°:4
MR YOUSSOU,COMME VOUS POUVEZ LE CONTASTER MEME CEUX QUI NOUS ONT COLONISER SONT ENTRAIN DE RASSEMBLER LEUR FORCE A S'UNIR A COMMENCER PAR L'EURO ETC... NOUS CONTINUONS TOUJOURS A DORMIR SUR NOS LAURIERS.PAUVRE DE NOUS.
Bateka En Février, 2013 (06:03 AM) 0 FansN°:5
Si les (chefs des etats) africains, n'etaient pas egoistes l'union dont le prof parle serait une realité depuis des decenies. Mais regarder les comment ils gouvernent leurs pays miniscules.
Le seul espoir de l'afrique est sa jeunesse. Il faut bien eduquer la jeunesse africaine. Un jour elle prendra sa responsabilité
Anonyme En Février, 2013 (14:19 PM) 0 FansN°:6
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Youssou GNINGUE
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