Le gouvernement doit poursuivre sa volonté de recouvrement des deniers publics détournés durant la gestion de l’équipe précédente.
Ceci implique plus d’audits.
L’autorité en place ne doit pas se laisser distraire par les agitations de certains responsables de l'ancien régime. L’exemple de diversion le plus patent est la motion déposée par les députés libéraux au niveau de l’Assemblée Nationale accusant le premier ministre de blanchiment d’argent de Hissène Habré. Les raisons justifiant cette diversion sont multiples.
Premièrement, l’ancien président Tchadien n’est pas jugé criminel car son procès ne s’est pas encore tenu. Il ne peut pas être reconnu coupable avant son jugement par l’Assemblée Nationale. En conséquence, la motion des députés libéraux ne possède aucune consistance juridique.
D’autre part, le président Habré n’est pas accusé de détournement d’argent mais plutôt de crime contre l’humanité. En effet, comme l’affirme l’ancien ministre des finances Moussa Touré : « Abdoul Mbaye ne peut pas être incriminé dans la mesure où l’Etat tchadien n’a jamais réclamé cet argent en question.»
Si le PM est reconnu d’une quelconque culpabilité par l’Assemblée Nationale, quel a été le rôle dans ce cas des autorités Sénégalaises qui ont accueilli le président Tchadien dans notre territoire depuis 1990 ?
Le blanchiment de son action dans l’affaire Habré noircirait le PM et serait le dernier maillon qui diaboliserait toutes les autorités actuelles. Du même coup, ceci remettrait en question toute la démarche de recouvrement des deniers publics actuellement entreprise.
L’intérêt de la nation réside plus dans le recouvrement de deniers publics réellement détournés par d’anciennes autorités administratives que dans des accusations de blanchiment d’argent Tchadien possiblement survenu il y a vingt ans.
Pourquoi n’avons-nous jamais entendu ces mêmes accusateurs quand le président Wade pillait les caisses du pays jusqu’à offrir une mallette d’argent à l’agent Segura de l’ONU ?
Ces diversions constituent une technique de défense de coupables afin de rendre le contexte des audits impossible. Cependant, ces audits devraient être menés dans les normes des règles administratives et de justice.
Ne pas combattre l’injustice par l’illégalité !
La vérité pas le mensonge !
La chasse aux détourneurs pas aux sorcières !
Pour réussir cette mission, les tintamarres et annonces sensationnelles ne sont pas nécessaires. Ceci implique moins d’éditions. Il ne sert à rien d’annoncer des sommes astronomiques et finalement ne rien récupérer. En effet, le recouvrement est la phase la plus importante. Il doit être mené avec la plus grande efficacité et la plus grande discrétion. L’appel, l’utilisation voire l’association du journalisme de sensation n’est pas nécessaire.
Pour réussir cette mission, les auditions fleuves et multiples ne servent pas à l’efficacité de l’enquête. L’audition doit se situer en aval et non pas en amont. Au moment de l’audition, des preuves tangibles constituant un dossier bien ficelé doivent être disponibles. Des correspondances par courrier postal pourraient sollicitées.
Pour réussir cette mission, les auditions doivent être menées dans la discrétion la plus totale. Un compte rendu de l’entrevue ne doit jamais être fidèlement répertorié dans les journaux.
Pour réussir cette mission, les auditions doivent être menées dans un cadre de respects mutuels. Il faudrait tenir compte des règles administratives, de la loi et de la disponibilité des personnes convoquées.
Pour réussir cette mission, il faudrait être méthodique. Un nombre faramineux de dossier à la fois risqueraient de réduire l’efficacité de la démarche jusqu’à lui confier une forme d’harcèlement. La technique du gottagot doit être sollicitée.
Pour réussir cette mission, il faudrait privilégier la négociation en vue d’un recouvrement à la répression inutile. Il faudrait privilégier l’intelligence constructive à la force destructive.
Pour réussir cette mission, nous ne pouvons pas éviter le pivot ou Nadayibiligui qui a permis l’orchestration de tous ces détournements. En effet, les audits utilisés pour épingler le peu de coupables ont été menés durant son mandat et ensuite rangés dans les tiroirs.
Pour réussir cette mission, il faut respecter l’adage ci-dessous.
Plus d’audits, moins d’éditions et moins d’auditions.
Bonne chance et courage dans cette mission !
Bonne et heureuse année 2013 !
Que la Paix, la Justice et la Sérénité règnent dans notre cher Sénégal
Que Dieu nous protège !
Pr Youssou GNINGUE (UL, Dir. Dept. Math. & Informatique, Canada)
Youssou GNINGUE