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Stratégies de Réduction des Dépenses Militaires en Afrique

Posté par: Youssou GNINGUE| Mardi 19 juin, 2012 06:20  | Consulté 4040 fois  |  3 Réactions  |   

Depuis les indépendances, l’Afrique a joué le rôle de siège de nombreux conflits et guerres. Les guerres de Biafra, de Sierra Léone et du Libéria sont des exemples patents dont les séquelles continuent à être ressenties dans les zones d’opération de ces conflits.

Avec la récente révolution du jasmin, timidement débutée en Tunisie durant le printemps 2010, la région de l’Afrique du Nord s’est embrasée. Après les débâcles des présidents de Tunisie et d’Egypte, la Lybie a vécu pendant huit mois une situation presque chaotique. Les armes de guerres à distance les plus sophistiquées y ont été expérimentées. L’ancien guide libyen, finalement capturé a été sauvagement assassiné tout en laissant un lègue d’avenir incertain. Les balbutiements de ces crises se sont également fait ressentir dans tous les pays du Nord de l’Afrique. Pourtant cette région, réputée être la plus stable, la plus calme et la plus économiquement fiable de l’Afrique, n’avait dévoilé aucun signe de sa subite ébullition. Le sud ne s’en sort pas mieux avec la situation de la Côte d’Ivoire qui a heureusement perdu un de ses deux gouvernements. Par contre le Mali, les mains liées, a impuissamment assisté à la division de son territoire sous la rébellion Touareg. Tout semble indiquer que les conflits ne risquent pas de démanger leurs sièges bien ancrés en Afrique.  Devant ces volcans latents ou en ébullition, les dépenses militaires devenaient pour les autorités une priorité au détriment des questions socio-économiques insufflées par la demande populaire. 

 Réduction des dépenses militaires dans la fédération

 

Les principales causes de cette course effrénée des dépenses militaires se trouvent dans la fragilité des états et la fluidité des frontières héritées de la colonisation. Certaines causes se chercheraient également dans les différences ethniques exacerbées par l’autorité coloniale pour mieux asseoir et affermir son pouvoir. Tout ceci a détourné les priorités des pays africains du secteur social vers les dépenses militaires. En considérant les données de l’année 2006 fournies par la banque mondiale, la part des dépenses militaires était très élevée en Afrique avec une  moyenne est de 3 % tandis que la mondiale est de 2 %.  Malgré la crise mondiale des cinq dernières années (2007-2011),  les importations mondiales d’armes ont augmenté de manière globale par rapport à la période précédente (2002-2006) avec une hausse de 53 % affectée à l’Afrique. Pourtant les catastrophes humanitaires telles que la sècheresse,  la famine et la  pauvreté ont continué à  ravager une grande partie du continent. Les armements légers et lourds continuent de s’y déverser en quantité industrielle, bien plus que les biens de première nécessité. La mise en place des États-Unis d’Afrique devrait permettre un développement de stratégies de réduction du taux africain notamment celle basée sur la moyenne mondiale.

Stratégie de réduction basée sur la moyenne mondiale

 

La création de l’État s’accompagnant de la composition de forces militaires unifiées devraient  favoriser la réduction des dépenses militaires de chaque pays sans affecter la défense des souverainetés territoriales. La stratégie de réduction au niveau mondial consisterait à cibler la moyenne mondiale.  Comme le taux africain est approximativement de 3 %, elle suggère pour chaque pays une  réduction  d’environ 1% pour atteindre le taux mondial de 2%. Ainsi chaque pays devrait dans la première année de la fédération réduire du tiers ses dépenses  militaires. Cette politique se traduirait globalement au niveau de l’Afrique par une baisse de 1%.  En 2006, la stratégie de  réduction sur la base de la moyenne mondiale aurait consisté dans la première année à une diminution ramenant la moyenne africaine à 2.18. Comme les pays africains sont comptés dans la moyenne mondiale, ceci aurait impliqué sa baisse jusqu’à  1.7% dans la condition qu’aucun changement ne soit enregistré au niveau du reste du monde (RDM). La poursuite de cette moyenne mobile impliqué une convergence vers un taux environnant 1.5 %. L’unification des forces militaires devrait permettre la réduction des dépenses militaires sans affecter la défense des souverainetés territoriales. Les forces militaires, effectivement positionnées dans chacune des cinq régions, auront la charge de protéger l’ensemble du territoire fédéral.

Ainsi, nous percevons à travers les dépenses militaires l’avantage des pays africains à s’allier par le biais de la fédération. L’existence d’une justice fédérale commune favoriserait le règlement des conflits par la loi plutôt que par les armes. Le seul fait de muter de continent en État permettrait des gains substantiels par l’utilisation de stratégies optimales. En conséquence, les pays africains ont tout à gagner dans le franchissement de ce pas.

Pr  Youssou  GNINGUE (Dept. Math & CS,  UL,  Canada)

 L'auteur  Youssou GNINGUE
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Commentaires: (3)
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Youssou Gningue En Juin, 2012 (21:38 PM) 0 FansN°:1
Les principales causes des conflits et des guerres en Afrique

a. La fragilité des états africains
b. La dépendance économique et financière des états
c. La fluidité des frontières héritées de la colonisation

d. Les différences et rivalités ethniques exacerbées par l’autorité coloniale

e. Les différences et rivalités religieuses
f. Le maintient de pouvoirs par la force
g. L’existence de mercenaires et groupes armés
h. L’adage ; qui veut la Paix prépare la Guerre
i. Les effets des crises économiques
j. Des soubassements de crises et problèmes politiques non solutionnés

k. La pauvreté et le manque d’espoir
l. L’absence de vision et de leadership au niveau de l’UA
m. La prévalence des Citoyennetés sur l’Africanité
n. L’absence d’alternative à la confrontation.
o. Le besoin de marchés pour l’industrie militaire du Nord

En les considérant une à une, il serait très aisé de percevoir comment la fédération les ferait magiquement disparaitre. En conséquence, les conflits et guerres changeraient d’adresse avec la fin de leur bail annoncé dès la proclamation de l’Etat fédéral.
Alassane En Juin, 2012 (08:59 AM) 0 FansN°:2
Merci Professeur, vous avez parfaitement raison. La mise en place de l'Etat fédéral réglerait en partie le problème des frontières et des conflits armés. Avec la crise malienne, on voit nettement la nécessité de cette armée fédérale qui pouvait s'opposer à tout soulèvement interne.
Maude Luca En Août, 2013 (10:03 AM) 0 FansN°:3
Le futur est tellement joli.

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Youssou GNINGUE
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